La formation en psychothérapie conduit à un titre protégé : en France, seules les personnes inscrites au registre national des psychothérapeutes peuvent s’en prévaloir. L’accès est réservé aux titulaires d’un doctorat en médecine ou d’un master de psychologie ou de psychanalyse, qui suivent ensuite une formation en psychopathologie clinique et un stage pratique, avant l’inscription auprès de l’agence régionale de santé (ARS).
Titre de psychothérapeute : ce que la loi de 2004 protège
L’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 réserve l’usage du titre de psychothérapeute aux professionnels inscrits au registre national. Le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 en fixe les conditions d’application.
Le texte encadre l’usage du titre, pas l’exercice de la profession. Un psychologue peut donc continuer à pratiquer des psychothérapies sans être inscrit au registre, tandis que se présenter comme psychothérapeute sans inscription expose à des sanctions. L’ARS de Nouvelle-Aquitaine rappelle que l’article 433-17 du code pénal prévoit dans ce cas une amende pouvant atteindre 15 000 €.
Master de psychologie ou doctorat en médecine : le diplôme d’accès
L’accès à la formation est limité à deux types de diplômes : un doctorat donnant le droit d’exercer la médecine en France, ou un master de psychologie ou de psychanalyse.
Un parcours sans l’un de ces diplômes ne mène pas au titre, même avec de nombreuses années de pratique de l’écoute. Sans ce diplôme, la formation reste fermée. Un projet de reconversion commence donc par la vérification du diplôme de départ, avant tout choix de cursus. La page sur le choix d’une formation adaptée à son projet aide à poser ce cadrage.
Formation en psychopathologie clinique : 400 heures et 5 mois de stage
Le décret de 2010 exige une formation en psychopathologie clinique, dont le contenu est précisé par un cahier des charges (arrêté du 8 juin 2010). Elle comprend au minimum 400 heures d’enseignement théorique et un stage pratique d’au moins cinq mois.
Ce volume vaut pour le cas général. Un régime de dispenses, totales ou partielles, tient compte des acquis de chaque profil :
- les psychiatres sont totalement dispensés de la formation ;
- les autres médecins et les psychologues bénéficient de dispenses partielles, qui réduisent le volume d’enseignement ou la durée du stage ;
- les psychanalystes et les titulaires d’un master concerné sans autre statut suivent la formation dans les conditions prévues à l’annexe du décret, sans dispense complète.
Le détail des heures dispensées se vérifie dans la version consolidée du décret sur Légifrance, car l’annexe a été modifiée depuis 2010. Un professionnel qui relève de plusieurs catégories applique la plus favorable.

Établissement agréé : vérifier qu’un cursus mène au titre
Le stage de cinq mois se déroule dans un établissement agréé, et la formation théorique doit répondre au cahier des charges de l’arrêté de 2010. Un cursus qui n’y fait pas référence ne conduit pas à l’inscription au registre, quel que soit son intitulé.
Avant de s’engager, trois points se contrôlent directement auprès de l’organisme :
- l’agrément de l’établissement qui accueille le stage ;
- la référence explicite au décret du 20 mai 2010 et à l’arrêté du 8 juin 2010 dans le programme ;
- l’encadrement du stage, qui doit être attesté par un document remis à la fin du cursus.
Durée, coût et financement d’une formation en psychothérapie
La durée dépend du profil : le minimum de 400 heures et de cinq mois de stage s’allonge ou se réduit selon les dispenses accordées. Les tarifs varient selon l’établissement, et le montant exact figure sur la page du diplôme de chaque organisme.
Pour une reconversion, le compte personnel de formation peut financer une partie du cursus quand il est éligible. Il est possible de consulter ses droits CPF avant de comparer les offres, et de suivre les nouvelles règles du CPF qui modifient les conditions de prise en charge.
Inscription au registre national des psychothérapeutes
Une fois la formation validée, l’inscription se fait auprès de l’ARS du département d’exercice. Elle passe par le répertoire RPPS, qui a remplacé ADELI, et le dossier se dépose en ligne via Démarches simplifiées.
Le formulaire dépend du profil : liste des médecins, des psychologues, des psychanalystes, ou liste des autres professions pour les titulaires d’un master de psychologie ou de psychanalyse sans autre statut. Les diplômes obtenus dans l’Union européenne passent par un formulaire séparé, examiné par une commission.

Cette démarche est obligatoire pour utiliser le titre. Elle ne dit rien d’une éventuelle installation en cabinet, qui relève d’autres formalités.
Psychopraticien, thérapeute en relation d’aide : des appellations libres
Les appellations de psychopraticien ou de thérapeute en relation d’aide ne sont pas réglementées. Elles permettent de proposer un accompagnement sans s’attribuer le titre protégé, ce qui fait l’objet de critiques de la part de professionnels de la psychiatrie.
Les formations qui préparent à ces appellations ne donnent pas droit à l’inscription au registre, puisque seule la voie décrite plus haut y mène. Pour un professionnel déjà en poste, la formation continue reste la façon de compléter ses compétences sans changer de titre.
Reste une règle à garder en tête avant de s’inscrire : seul le parcours validé par le décret de 2010 ouvre le droit de se dire psychothérapeute, et l’ARS du département d’exercice est l’interlocuteur qui confirme l’inscription.

