À Paris, la grille salariale d’un animateur BAFA n’a rien à voir avec celle proposée à Mende ou Montauban. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la région où l’on décroche sa mission d’animation pèse lourd dans la balance de la rémunération.
Ce n’est pas un secret, les grandes villes comme Paris ou Lyon affichent des salaires plus élevés pour les animateurs BAFA. Ici, la vie coûte cher et la demande pour les activités éducatives ne faiblit pas. Résultat : les collectivités et associations consacrent des enveloppes plus généreuses pour attirer, et garder, des animateurs compétents.
À l’inverse, en zone rurale ou dans les petites agglomérations, les chiffres dégringolent. Les structures locales, avec leurs moyens plus restreints, ne peuvent pas rivaliser. La demande d’animation y étant aussi plus faible, les salaires proposés suivent la tendance.
Le Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur (BAFA)
Accessible dès 16 ans, le BAFA ouvre la porte à de nombreux environnements : centres de loisirs, colonies, accueils de jeunes. Plus qu’un simple diplôme, il forme à la conception et à la gestion d’activités pour enfants et adolescents, tout en renforçant les capacités pédagogiques et organisationnelles des futurs animateurs.
Formation et accès
Le parcours pour décrocher le BAFA s’articule autour de trois étapes distinctes :
- Une session de formation générale
- Un stage pratique
- Une session d’approfondissement ou de qualification
Depuis 2017, le BAFA est accessible dès 16 ans. Jean-Marc Castaing, responsable des formations à la Ligue de l’enseignement, constate d’ailleurs que la formation séduit désormais aussi des trentenaires, quadragénaires et quinquagénaires désireux de s’impliquer dans l’animation.
Coût et aides financières
Le tarif de la formation varie selon les organismes et le lieu, mais des aides existent. Depuis 2021, une aide de 200 € facilite l’accès au BAFA. Fatoumata Camara, par exemple, s’en est sortie avec 270 € pour sa première session, grâce au soutien de la Caf.
Statistiques et tendances
Le nombre de diplômés BAFA ne cesse d’évoluer. En 2011, ils étaient 53 000 à obtenir ce brevet ; en 2019, le chiffre est tombé à 43 000. Sarah El Haïry, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, rappelle l’enjeu de ce diplôme pour la vitalité du secteur.
Des organismes de formation comme les Céméa ou Cap Sud accompagnent chaque année des centaines de candidats. En 2023, 237 personnes ont décroché le précieux sésame selon les dernières données. Apolline Louvel, diplômée en 2019, parle d’une expérience humaine et professionnelle marquante.
Pour Christophe Besson, responsable aux Céméa, la profession souffre d’un manque d’animateurs. Ce déficit s’explique notamment par l’exigence de l’engagement et la réalité du terrain.
Rémunération et avantages de l’animateur BAFA
Le salaire d’un animateur BAFA varie fortement d’un territoire à l’autre. En général, il oscille entre 30 et 50 euros brut par jour. Certains postes débutent à 22,55 euros par jour, quand d’autres dépassent la barre des 50 euros.
Denis Renaudin, de la fédération des centres de loisirs de la Vienne, rappelle que la rémunération modeste s’explique par l’héritage du bénévolat. Pourtant, aujourd’hui, les animateurs bénéficient souvent de plusieurs coups de pouce :
- Hébergement fourni sans surcoût
- Repas pris en charge
D’après l’INSEE, en 2024, un animateur BAFA gagne en moyenne 10,25 euros de l’heure. À Poitiers, Apolline Louvel a touché 1 000 € pour un mois et demi de colonie : preuve que la durée de la mission et le rythme de travail font aussi la différence.
Des disparités régionales s’observent partout. Si le réseau Information Jeunesse d’Auvergne Rhône-Alpes affiche des annonces alléchantes, les propositions en Aveyron restent souvent plus modestes, même si la Ligue de l’enseignement y multiplie les recrutements.
Le secteur de l’animation BAFA est en mouvement. Le manque de candidats, pointé par Christophe Besson, pousse certaines structures à revoir leurs offres pour attirer de nouveaux profils. Les salaires montent dans certains territoires, mais pas partout.
Influence de la région sur le salaire des animateurs BAFA
Impossible d’ignorer les écarts de rémunération d’une région à l’autre. En Auvergne Rhône-Alpes, les annonces publiées par le réseau Information Jeunesse affichent des montants dépassant les 50 euros par jour. Dans l’Aveyron, malgré une campagne active de recrutement par la Ligue de l’enseignement, les salaires plafonnent fréquemment en dessous de ce seuil.
À Chasseneuil-du-Poitou, les centres de loisirs peinent à constituer leurs équipes, même en proposant des salaires au-dessus de la moyenne locale. Apolline Louvel, basée à Poitiers, observe que la demande ne manque pas, mais que la réalité salariale reste un frein pour de nombreux jeunes.
Le contexte local peut aussi jouer sur les conditions annexes. Dans des destinations touristiques comme Antibes, l’hébergement et la restauration sont souvent inclus, ce qui compense un salaire journalier oscillant entre 30 et 40 euros. Denis, animateur à Antibes, souligne que ces avantages rendent le poste plus attractif malgré une paie relativement modérée.
Voici un aperçu des salaires moyens constatés selon la région :
| Région | Salaire moyen (€/jour) |
|---|---|
| Auvergne Rhône-Alpes | 50+ |
| Aveyron | 30-40 |
| Poitiers | 30-50 |
| Antibes | 30-40 |
Cette mosaïque de rémunérations traduit la diversité économique du pays et les besoins propres à chaque territoire. Sur le terrain, plus de 50 000 postes d’animateurs restent non pourvus, un signal d’alarme qui pousse les employeurs à repenser leurs stratégies salariales.
Opportunités d’emploi et perspectives d’évolution pour les détenteurs du BAFA
Pour les titulaires du BAFA, le secteur de l’animation regorge d’opportunités. David Cluzeau, d’Hexopée, alerte sur les tensions à prévoir pour le mois d’août : le manque d’animateurs se fait cruellement sentir. En 2022, 50 000 postes étaient à pourvoir selon Hexopée. La Ligue de l’enseignement, de son côté, a recruté 154 animateurs pour l’été 2024 rien qu’en Aveyron.
Le parcours ne s’arrête pas là. Beaucoup d’animateurs choisissent de se spécialiser : animation sportive, culturelle ou scientifique. Ce choix de spécialisation répond à la fois aux attentes des employeurs et à la volonté des animateurs de diversifier leurs compétences :
- Animation sportive : encadrement d’activités physiques, sports collectifs, organisation de tournois
- Animation culturelle : ateliers artistiques, théâtre, musique, patrimoine
- Animation scientifique : expériences, découvertes, sensibilisation à l’environnement
En parallèle, la possibilité de passer le BAFD (Brevet d’Aptitude aux Fonctions de Directeur) séduit de plus en plus, en particulier chez les adultes en reconversion. Jean-Marc Castaing confirme que cette voie attire désormais des candidats de tous âges.
Les organismes d’accueil, à l’image des Céméa, jouent un rôle clé dans l’accompagnement et la formation des jeunes animateurs. Fatoumata Camara, formée chez Cap Sud, évoque l’importance de cet encadrement. Ces structures proposent des aides adaptées et accompagnent les candidats pour franchir chaque étape du parcours.
D’après Hexopée, près de 74 % des structures peinent à recruter. Face à cette réalité, décrocher le BAFA reste une vraie opportunité pour celles et ceux qui souhaitent s’inscrire dans une première expérience professionnelle ou s’ouvrir à d’autres horizons. En 2024, 164 jeunes ont obtenu ce diplôme, preuve que le BAFA continue d’attirer, d’inspirer et de façonner les animateurs de demain.
Dans ce secteur où la demande ne faiblit pas, le BAFA demeure un passeport solide pour celles et ceux qui veulent mêler engagement, aventure collective et apprentissage continu. Pour beaucoup, ce premier job marque le début d’un parcours où chaque région, chaque équipe et chaque mission écrivent une nouvelle page.

