66 % des demandeurs d’emploi formés retrouvent un poste dans l’année. Cette statistique ne fait pas rêver, elle pose une réalité brute sur la table : la formation professionnelle n’est pas une promenade, c’est un enjeu décisif du chômage en France. Et pour ceux qui s’interrogent sur le maintien de leur allocation pendant une formation, la réponse n’a rien d’automatique.
Le maintien de l’allocation chômage lors d’un parcours de formation ne concerne pas tous les profils. Chaque dispositif possède ses propres règles, et c’est la reconnaissance de la formation par France Travail (ex-Pôle emploi) ainsi que le statut du bénéficiaire qui font la différence. Certaines formations ouvrent droit à une indemnisation spécifique, d’autres non. La durée de versement peut s’étirer ou s’arrêter net, selon la nature du cursus engagé et la situation administrative du demandeur. Pour bénéficier de cette aide, il faut remplir des conditions précises qui encadrent l’accès aux droits et déterminent le montant perçu tout au long de la formation.
Chômage et formation professionnelle : quel lien entre les deux ?
La formation professionnelle s’affirme aujourd’hui comme une rampe de lancement pour retrouver un emploi. Pour les demandeurs d’emploi, intégrer une formation validée par France Travail marque souvent un tournant : le parcours devient plus sécurisé, la perspective d’embauche se renforce. Mais cette prise en charge n’a rien d’automatique. Chaque projet de formation doit s’inscrire dans un parcours personnalisé d’accompagnement vers l’emploi et cocher les cases définies par le conseiller référent.
Le lien entre chômage et formation s’inscrit dans une logique d’adaptation. Actualiser ses compétences, c’est répondre aux besoins du marché, anticiper les évolutions, saisir des opportunités là où elles émergent. Tout commence avec le projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE), un document élaboré avec France Travail, où chaque formation envisagée doit coller aux réalités du bassin d’emploi et au profil du bénéficiaire.
Parmi les formations recherchées, on retrouve celles qui mènent aux métiers en tension ou qui surfent sur la vague numérique. Le maintien de l’indemnisation n’est jamais automatique : il dépend du respect du cadre défini par France Travail et de la pertinence du projet professionnel.
Pour clarifier les conditions à réunir, voici les éléments incontournables :
- La formation doit être reconnue par France Travail et intégrée au PPAE.
- Le demandeur d’emploi doit continuer à s’actualiser et à suivre les étapes de son parcours.
- Un suivi régulier avec le conseiller permet d’ajuster le cap entre formation, chômage et retour à l’emploi.
Ce triptyque, emploi, formation, accompagnement, constitue le socle de l’action publique en faveur de la réinsertion professionnelle.
Qui peut bénéficier du maintien des allocations pendant une formation ?
La possibilité de toucher ses allocations pendant une formation dépend du statut du demandeur, du type de formation suivie et du cadre dans lequel elle s’inscrit. Un demandeur d’emploi bénéficiant de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) peut continuer à percevoir cette indemnisation, à condition que la formation figure dans son PPAE validé par France Travail. Cette validation atteste que le parcours est cohérent avec les besoins du marché du travail.
Lorsque la formation est conventionnée, l’ARE se transforme en ARE Formation (AREF) : la protection reste la même, ni la durée ni le montant ne changent, mais le cadre se resserre autour du projet du stagiaire. Pour ceux qui arrivent en fin de droits, la rémunération de fin de formation (RFF) peut prendre le relais, à condition que la formation mène vers un secteur porteur.
Selon la situation, différents profils peuvent bénéficier d’un maintien ou d’un relais d’allocation :
- Les personnes ayant signé un contrat de sécurisation professionnelle touchent une indemnité spécifique durant leur formation.
- Ceux engagés dans un projet de transition professionnelle voient leur rémunération prise en charge, sous la supervision de leur employeur et d’un opérateur de compétences.
Rien n’est automatique : pour continuer à percevoir l’aide, il faut respecter le cadre du PPAE et s’impliquer activement dans la formation. Toute absence injustifiée ou abandon prématuré entraîne une suspension du versement. L’équilibre entre droits et devoirs s’impose comme une ligne de conduite au service de la sécurisation professionnelle.
Les conditions à remplir pour conserver ses droits au chômage en se formant
Pour garder ses droits au chômage tout en suivant une formation, plusieurs critères doivent être respectés sans faille. Première exigence : la formation doit être validée par France Travail et intégrée au PPAE. Ce n’est pas une simple formalité administrative, sans cette étape, impossible de toucher l’allocation chômage durant le cursus.
S’inscrire à une session ne suffit pas. Le projet doit répondre aux besoins du marché et s’inscrire dans une démarche de retour à l’emploi. La cohérence entre le choix de la formation et le parcours antérieur fait l’objet d’un examen minutieux par le conseiller référent : pertinence du projet, réalisme, capacité à aller au bout de la formation.
Les conditions essentielles à respecter se résument ainsi :
- Présence régulière exigée : toute absence non justifiée peut couper le droit à l’allocation.
- Signature d’un contrat de formation avec l’organisme et respect du calendrier fixé.
- Déclaration systématique des périodes d’activité, y compris les stages rémunérés.
Le CPF (compte personnel de formation) peut venir compléter le financement du cursus. Dans certains cas, la préparation opérationnelle à l’emploi (POE) est compatible avec le maintien de l’allocation, surtout lorsqu’il s’agit de formations ciblées sur des métiers en tension. Un point d’attention : la durée de la formation. Un allongement de la période indemnisée est envisageable, à condition de répondre aux critères de la rémunération de fin de formation.
Obtenir des aides complémentaires : ce qu’il est possible de demander
La prise en charge d’une formation professionnelle ne se limite pas à l’allocation chômage. Plusieurs dispositifs existent pour alléger la facture, accompagner la mobilité ou lever les obstacles du quotidien. France Travail met à disposition une aide à la mobilité destinée aux personnes qui doivent parcourir des kilomètres pour se former. Les frais de transport, d’hébergement ou de restauration peuvent être partiellement couverts, sur présentation des justificatifs nécessaires.
Dans certaines situations, d’autres soutiens peuvent être sollicités. Par exemple, les parents en formation longue peuvent demander une aide à la garde d’enfants, sous conditions de ressources. Le compte personnel de formation (CPF) permet de financer tout ou partie du coût pédagogique, tandis que les salariés en reconversion se tournent vers le projet de transition professionnelle, piloté par les OPCO (opérateurs de compétences).
Les titulaires de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) peuvent solliciter l’Agefiph pour des aides spécifiques : adaptation du poste, soutien à la formation, compensation des surcoûts. Les conseils régionaux interviennent aussi, en particulier pour les formations sanitaires et sociales, via des bourses ou des forfaits d’accompagnement. Voici les soutiens qui peuvent s’ajouter à l’allocation de base :
- Aide à la mobilité : prise en charge partielle des frais de transport, hébergement, repas
- Aide à la garde d’enfants pour les parents en formation
- Mobilisation du CPF et accompagnement des OPCO pour les salariés en reconversion
- Aides de l’Agefiph pour les personnes en situation de handicap
- Bourses et soutiens financiers spécifiques apportés par les conseils régionaux
La formation professionnelle, adossée à l’allocation chômage et aux aides ciblées, devient alors un tremplin solide pour rebondir, changer de cap ou saisir une opportunité. Saisir cette chance, c’est se donner une vraie marge de manœuvre dans sa trajectoire professionnelle. Demain, l’emploi n’attendra pas : il faut être prêt.


